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Trésor Makunda, parrain des rencontres SENS LAB

  • 20. Avr, 2016

photo tresor makundaTrésor est malvoyant. Il utilise le sport pour montrer à sa mère qu’il est capable de faire des choses malgré son handicap, qu’il pouvait s’en sortir et accomplir de grandes et belles choses dans la vie. Il s’investit et progresse pour créer un palmarès international. Il devient athlète international handisport (déficient visuel catégorie T11) et quadruple médaillé paralympique lors des Jeux d’Athènes (2004), de Pékin (2008) et de Londres (2012).

 

 

 

 

Votre parcours exemplaire est susceptible d’inspirer certains jeunes avec un déficit sensoriel. Quel message avez-vous envie de leur adresser ?

Il ne faut pas considérer le handicap comme une prison, une fin mais comme un moteur pour mieux penser et avancer. Le handicap pour moi est une chose que l’on a en plus et non en moins. Cela doit être une source de motivation qui me pousse à me surpasser.

J’applique la règle du « plus 1 » : là où un valide vise un 15/20, moi je dois avoir 16/20. Au pire j’aurai un 15/20.

Le handicap n’est pas un frein. Surtout dans notre société où il y a pas mal de choses qui sont mises en place pour nous permettre de nous réaliser. Pour moi le handicap est simplement une problématique qui peut être réglée par une solution, une technique (chien guide, canne…).

 

Quels sont les obstacles que vous avez dû rencontrer dans votre parcours scolaire puis durant votre carrière sportive ? Quelles sont les solutions que vous avez trouvées ?

J’ai rencontré des difficultés mais ces difficultés n’étaient pas dues à moi mais aux autres. Comme dit l’expression « l’enfer c’est les autres ». Les obstacles sont les autres mais pas le handicap en lui-même.

Mes parents n’ont jamais fait de différence entre moi et mon entourage. Mais c’est la société qui fait la différence. C’est le gros problème. Par exemple, quand j’étais petit, j’ai cherché longtemps un club d’athlétisme.Personne ne voulait de moi car « ils n’avaient pas la structure pour m’accueillir ». Je ne comprenais pas pourquoi moi je ne pouvais pas faire de l’athlétisme alors que lui (mon frère, mon ami), il pouvait.

Mais avec le temps, j’ai résolu ce problème à force de persévérance et grâce/ à cause de ma volonté de pousser les limites, de frapper à toutes les portes jusqu’à trouver la bonne. Pour moi c’était le club de Villejuif.

J’ai également eu de la chance au niveau scolaire car j’ai commencé ma scolarisation lorsque l’intégration d’un jeune handicapé dans une école était à la mode. J’ai bénéficié de cette forme de discrimination positive.

 

Votre plus belle victoire ?

Ma plus belle victoire sportive et professionnelle est de pouvoir vivre de ma passion comme je le souhaitais depuis mon enfance.

Ma victoire personnelle est la naissance de mon fils. Mais elle sera comblée quand celui-ci sera devenu quelqu’un.